Conservation

NOS ACTIONS IN & EX SITU

Conservation EX SITU

La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) des Nations Unies de 1992 définit la conservation ex situ comme étant : « la conservation d’éléments constitutifs de la diversité biologique en dehors de leur milieu naturel ». Elle a plusieurs objectifs :
élevages conservatoires, renforcements de populations ou réintroductions, banques de gènes ou recherche appliquée à la conservation.

Le rôle le plus évident des parcs zoologiques dans la conservation ex situ d’espèces menacées est celui de conservatoire génétique. Toutes les espèces présentées en parcs zoologiques y sont reproduites. Les zoos hébergent et reproduisent des espèces notamment classées par la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) comme étant Vulnérables, Menacées, En danger critique d’extinction, voire Eteintes dans la nature.

Voici quelques exemples d’espèces en danger critique d’extinction qui sont reproduites en parcs :

Addax (Addax nasomaculatus), Cercopithèque de Roloway (Cercopithecus roloway), Atèle noir de Colombie (Ateles fusciceps rufiventris) , Gorille des plaines de l’ouest (Gorilla gorilla), Vautour à dos blanc (Gyps africanus), Cacatoes des Philippines (Cacatua haematuropygia), Cacatoes soufré (Cacatua sulphurea), Tortue radiée (Astrochelys radiata), Faux-gavial d’Afrique (Mecistops cataphractus), Faisan d’Edwards (Lophura edwardsi), Vautour de Ruppell (Gyps rueppelli), Vautour à tête blanche (Trigonoceps occipitalis), Ara à gorge bleue (Ara glaucogularis), Ara rubrogenys (Ara rubrogenys), Bettongie à queue touffue (Bettongia penicillata), Hapalémur gris d’Alaotra (Hapalemur alaotrensis), Grand Hapalémur (Prolemur simus), Vari roux (Varecia rubra), Vari noir et blanc (Varecia variegata), Tamarin pinché (Saguinus oedipus), Capucin à poitrine jaune (Sapajus xanthosterno) , Atèle varié (Ateles hybridus), Macaque à crête de Sulawesi (Macaca nigra), Gibbon à favoris blancs (Nomascus leucogeny), Orang outan de Bornéo (Pongo pygmaeus), Orang outan de Sumatra (Pongo abelii), Ane de Somalie (Equus africanus), Chameau de Bactriane (Camelus bactrianus), Gazelle dama (Nanger dama), Vison d’Europe (Mustela lutreola), Mantelle dorée (Mantella aurantiaca) etc

Et, les espèces suivantes sont classées comme « ETEINTES DANS LA NATURE » par l'UICN mais sont sauvegardées au sein des parcs zoologiques français

 

Mammifères :

 

Le Cerf du Père David (Elaphurus davidianus) REINTRODUIT – Réserve Zoologique de la Haute Touche, Parc animalier Le PAL, Parc de Trégomeur, Légendia Parc

 

L’Oryx dammah (Oryx dammah) REINTRODUIT – Zoo de Jurques, Parc de Branféré, Zoo de La Barben, Réserve Zoologique de la Haute-Touche, Zoo de La Boissière, Zoo de Champrépus, Zoo de La Palmyre, Zoo du Bassin d’Arcachon, Le Pal, ParcZoo du Reynou, CERZA, Thoiry, African Safari, Planète Sauvage, Parc Zoologique de Thoiry, Zoo de Montpellier

 

Le Lion de l’Atlas (Panthera leo leo) qui est une sous-espèce de lion qui vivait en Afrique du Nord – Parc Zoologique de Paris, Zoo des Sables d’Olonne, BioParc de Doué la Fontaine

 

Oiseau :

 

Tourterelle de Soccoro (Zenaida graysoni) – Parc Zoologique et Botanique de Mulhouse

 

Poisson :

 

Skiffia dorée (Skiffia francesae) – ZooParc de Beauval

 

Gastéropode :

 

L’Escargot Partula tohiveana – prochainement au
ZooParc de Beauval pour un élevage conservatoire ex situ sous des conditions strictes de biosécurité pour une future réintroduction.

 

 

(Référence : https://www.iucnredlist.org/)

 

La reproduction de toutes ces espèces est possible grâce à une amélioration constante des bonnes pratiques et des techniques d’élevage. Celles-ci font l’objet d’échanges entre les experts des différents parcs zoologiques européens organisés en réseau.

Pour chaque espèce, les populations hébergées par les parcs zoologiques sont gérées par un coordinateur au sein de programmes européens pour les espèces menacées (EEP). L’objectif de ces programmes est de tendre à conserver 90% de la diversité génétique sur une période de 100 ans afin de pouvoir maintenir les capacités des individus à se réadapter au milieu naturel en cas de réintroduction ou de renforcement de population le cas échéant. Cela se fait en effectuant des analyses génétiques et démographiques sur les individus présents ex situ. Ces analyses, reprises dans les studbooks élaborés par les coordinateurs, servent ensuite de base aux plans de recommandations pour la gestion globale de l’espèce, tout en tenant compte des caractéristiques comportementales de chaque espèce (grégaire ou non, etc).

 

 Certaines espèces françaises comme le Vison d’Europe (Mustela lutreola), mais aussi la Tortue Cistude (Emys orbicularis), l’Outarde canepetière (Tetrax tetrax), l’Apron du Rhône (Zingel asper) et le Grand Hamster d’Alsace (Cricetus cricetus) font, en plus, l’objet d’élevages conservatoires (élevage ex situ visant à produire des jeunes destinés aux programmes de renforcement de populations in situ) dans le cadre de Plans Nationaux d’Actions français et/ou de programmes LIFE européens.

 

Ces élevages sont mis en œuvre et gérés par des parcs zoologiques dans des espaces dédiés hors public. La participation des parcs zoologiques à la conservation de la faune locale passe aussi, pour certains, par la création et le soutien de centres de soins de la faune sauvage (également non visibles du public). Les centres de soins fonctionnent ainsi avec du personnel qualifié (vétérinaires et soigneurs), avec le financement et les infrastructures mises à disposition par les parcs zoologiques en métropole (Espace Rambouillet par exemple) mais aussi en outre-mer (Zoo de Guyane ou de Guadeloupe par exemple).

Les animaux sauvages de faune française soignés dans ces centres de soins bénéficient de soins et de protocoles de réhabilitation adaptés par des vétérinaires et des biologistes qualifiés œuvrant au quotidien pour la faune sauvage. La réhabilitation d’animaux ayant des traumatismes physiques et/ou psychiques fait également partie des actions des structures qui accueillent les animaux saisis pour cause de trafic, de maltraitance, de défaut d’autorisation, etc. Des spécimens vivants de faune sauvage sont régulièrement saisis par les autorités, abandonnés par leur propriétaire ou récupérés par des organisations de protection animale.

 En France, les parcs zoologiques et les refuges bénéficient des autorisations pour accueillir les spécimens vivants de faune sauvage saisis ou abandonnés. (Il existe moins de 5 refuges en France, dont « TONGA Terre d’Accueil » fermé au public, créé et géré par l’Espace Zoologique de Saint Martin La Plaine, membre de l’AFdPZ). Les parcs zoologiques, en plus de leurs missions règlementaires, acceptent de rendre service aux autorités en prenant en charge temporairement ou définitivement ces animaux, ou collaborent en assurant un service d’expertise pour de l’identification. Les parcs zoologiques assurent ce rôle d’accueil alors même que cela engendre des contraintes sanitaires, administratives et des coûts et que parfois le jugement peut conduire à la restitution de l’animal au propriétaire.

L’AFdPZ soutient ses membres dans cette démarche permettant :

 De fournir un hébergement de qualité auprès d’experts de la faune sauvage à des animaux en perdition/détresse

 De participer à la lutte contre le trafic des espèces en permettant aux autorités de saisir des animaux détenus illégalement

 D’éduquer le grand public à la problématique des NACs et du trafic animal.

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature va également dans ce sens en indiquant : « Si le placement à long terme au sein d’un établissement hébergeant des espèces est choisi, il convient de privilégier le placement des individus confisqués dans des zoos et des jardins botaniques, qui disposent de l’espace et du savoir-faire nécessaires, et qui participent à des programmes d’élevage nationaux ou internationaux ex situ dans le cadre d’une approche de plan global de gestion des espèces. » (Source : IUCN Lignes directrices de prise en charge des organismes vivants confisqués, 2019)

Les zoos français se mobilisent également sur d’autres problématiques environnementales majeures par le biais de leur participation aux campagnes internationales relayées par l’EAZA, sur le réchauffement climatique, la biodiversité locale, etc. Ces thématiques sont, par exemple, abordées au travers de journées dédiées avec manifestations et accueil des partenaires, présentation de panneaux et animations pédagogiques spécifiques.

Conservation IN SITU

Ensemble, les parcs français soutiennent presque 200 programmes de conservation in situ, en France et dans plus de 40 pays, qui participent à la protection de la faune sauvage locale et étrangère. 

Chaque année, plus de 3 millions d’euros (hors salaires) sont versés par les parcs zoologiques français à des programmes de conservation in situ et de recherche dans le monde.

La communauté mondiale des zoos et aquariums finance la conservation de la biodiversité à hauteur de plus de 350 millions de dollars chaque année, en plus d’apporter expertise, ressources humaines et logistiques (Gusset et Dick, 2011).

Ces programmes, souvent gérés en partenariat avec des ONGs locales, intègrent, à la fois, la conservation des espèces animales, la protection et la restauration des habitats mais aussi l’éducation et l’aide au développement économique des populations locales sans qui, rien ne serait possible. Ainsi, les programmes de conservation in situ, soutenus financièrement, techniquement et/ou humainement par les zoos, œuvrent pour créer des conditions favorables pour la survie des espèces menacées dans leur milieu naturel en harmonie avec les communautés locales (accès à l’éducation, à l’eau potable, à des sources d’alimentation et de revenus durables via le développement de la permaculture, de l’artisanat, ou de l’écotourisme par exemple, à des moyens de protection des cultures et des populations, etc).

En plus de ces financements directs conséquents, ils apportent par exemple :

  Des animaux pour des opérations de renforcement de populations ou de réintroduction : Lorsqu’au cours du temps, toutes les autres mesures de protection de l’espèce dans le milieu ont échoué et qu’il a par la suite été possible de protéger le milieu d’origine et de supprimer les menaces, il peut être envisagé de réintroduire des animaux. Ce type de démarche fait l’objet d’analyses, de suivis, d’études et d’accords préalables stricts car réintroduire des animaux peut s’avérer dangereux tant pour les individus réintroduits que pour la faune locale du pays concerné (d’un point de vue sanitaire, physique, etc). Une fois que toutes les conditions sont réunies, des individus sont mis à disposition par les parcs zoologiques pour des réintroductions ou des renforcements de populations.

Dans le monde, entre 1956 et 2014, les parcs zoologiques ont participé à 260 programmes de réintroduction de 156 espèces (Gilbert et al., 2017). Ils ont participé au sauvetage d’espèces qui ont été déclarées éteintes dans la nature par la liste rouge de l’IUCN, tels que le cheval de Przewalski et l’Oryx d’Arabie, ou ayant atteint un nombre si faible d’individus que leur disparition était programmée, comme le Condor de Californie, le Pigeon rose de Maurice et le Tamarin lion doré.

Liste d’exemples de réintroductions dans le monde ici dans

 Des connaissances biologiques sur les espèces sauvages (longévité, temps d’incubation, nombre de jeunes, champ visuel, etc). Retrouvez plus de détails sur la page => RECHERCHE.

Le logiciel de gestion de populations SPECIES 360 utilisé au niveau mondial par les parcs zoologiques a permis la collecte de 45 ans de données, y compris des données généalogiques, médicales et d’élevage, sur 10 000 000 animaux de plus de 22 000 espèces.

 De l’expertise en termes de soins vétérinaires sur la faune sauvage

 Du savoir-faire en termes d’élevage d’espèces menacées

De l’accès à du matériel spécifique (ADN environnemental et piège photographique pour les recensements, balise GPS pour le suivi des individus relâchés, etc)

Du personnel qualifié pour les actions zootechniques sur le terrain
(translocation de lémuriens, recensement de nids de vautours en Afrique du Sud, opération de marquage de vautours, repérage et prélèvement d’espèces exotiques envahissantes comme la Grenouille taureau, etc)

Des lieux de formation pour la capture, la contention, le transport, la construction d’enclos, les soins, etc permettant le transfert de compétences zootechniques et vétérinaires. De plus, les zoos français forment également chaque année de nombreux stagiaires y compris de 3 ème cycle.

Des lieux d’accueil des espèces exotiques envahissantes, comme la Tortue de Floride, les Erismatures rousses ou les Ratons-laveurs, évitant ainsi leur abandon par les citoyens dans la nature

Mais aussi des lieux de recueil et de réhabilitation d’animaux saisis par les autorités permettant non seulement de participer à la lutte contre le trafic mais également d’éduquer le public à cette problématique mondiale

Enfin, la forte structuration de la profession permet la mise en réseau des différents acteurs de la conservation en vue du partage d’expertise en faveur de la conservation de la biodiversité

Cette coopération au niveau international, associée à la communication des zoos, contribue également à renforcer la médiatisation des partenaires de conservation sur le terrain et donc indirectement à la levée de ressources pour ces derniers.

De plus, d’un point de vue de la faune française locale, il faut reconnaitre que la centaine de membres de l’Association Française des Parcs zoologiques, répartis dans près de 60 départements, représente – en métropole et en outre-mer – 3 550 hectares d’espaces verts gérés de façon respectueuse de l’environnement (sans pesticide, sans pollution lumineuse, etc). Ces espaces accueillent ainsi de nombreuses espèces locales d’insectes, de batraciens, de reptiles, de chiroptères, d’oiseaux diurnes et nocturnes, et de micromammifères.

Pour toutes ces raisons, dès 2002, l’Union International pour la Conservation de la Nature reconnaît l’importance considérable des ressources dédiées dans le monde à la conservation ex situ par les parcs zoologiques et botaniques, des banques de gènes et autres institutions ex situ. L’utilisation efficace de ces ressources représente une composante essentielle des stratégies de conservation à tous niveaux. (Source : IUCN Technical Guidelines on the Management of Ex-situ Populations for Conservation, 2002).

Cette position est d’ailleurs corroborée par Bolam et al. en 2020 qui montrent que toutes les actions de conservation combinées entreprises, depuis 1993, par les ONGs, les zoos, les scientifiques et d’autres ont permis d’éviter l’extinction de 28 à 48 espèces d’oiseaux et de mammifères. Des mesures de conservation ex situ ont été entreprises dans 56% des cas pour les espèces de mammifères sauvés et dans 63% des cas pour les oiseaux. L’élevage ex situ a même été déterminant pour la pérennité de certaines espèces.

Références Bibliographiques:

Bolam, F.C. et al. 2020. How many bird and mammal extinctions has recent conservation action prevented ? Conservation Letters. 2020 ; e12762

Gilbert, T. ; Gardner R. ; Kraaijeveld A. R. ; Riordan P. 2017. Contributions of zoos and aquariums to reintroductions : historical reintroduction efforts in the context of changing conservation perspectives. Int. Zoo. Yb. 51 :1-17

Gusset M. ; Dick G. 2011. The global reach of zoos and aquariums in visitor numbers and conservation expenditures. 2011. Zoo Biology 30(5):566 569

IUCN Lignes directrices de prise en charge des organismes vivants confisqués (2019)

IUCN Technical Guidelines on the Management of Ex-situ Populations for Conservation (2002)

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